La faille Enriquillo-Plantain-Garden
La faille Enriquillo-Plantain-Garden possède un long nom en trois parties parce que c'est une longue faille qui traverse la mer des Antilles, en partant de la Jamaique, puis les deux pays qui occupent l'ile d'Hispaniola. C'est une faille secondaire dans le système de grandes fractures qui bordent les petites plaques tectoniques coincées en très les deux grandes plaques d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud.
Entre ces deux grandes plaques, il y a la plaque Caraibes qui a une cassure au nord qui donne une petite plaque, laquelle se déplace à une vitesse intermédiaire; c'est la micro plaque Gonâve qui est dans l'espace au sud de Cuba. Elle porte la majeure partie d'Haiti et de la Jamaique. La faille entre la plaque Caraibe et la micro plaque Gonave est la faille Enriquillo-Plantain-Garden.
Le mouvement relatif de part et d'autre de cette cassure est un déplacement vers l'ouest de la micro plaque Gonâve et un mouvement vers l'Est de la plaque Caraibes. La vitesse de ce déplacement est relativement faible: 6 à 7 mm/am. Ailleurs les mouvements relatifs entre plaques sont au moins le double de cette valeur, comme par exemple entre la plaque Caraibes et celle de l'Amérique du Nord.
Sur la planète, on observe couramment de mouvements relalifs de 5 à 10 cm entre les grandes plaques. Les séismes qui en résultent peuvent dégager beaucoup plus d'énergie et sont de magnitude 8 ou 9. Chaque augmentation d'unité dans l'échelle des magnitudes correspond à une énergie 33 fois plus élevée. Ainsi un séisme de magnitude 8 (M8) libère 33 fois l'énergie d'un M7. Un très grand séisme comme celui des Aléoutiennes le 27 mars 1964 (M9,2) a libéré mille fois plus d'énergie (33x33) que le séisme du 14 août en Haiti (M7,2).
La faille Enriquillo-Plantain-Garden semble avoir un potentiel pour produire des séismes de magnitude élevée (7), mais pas extrême. Comme les ruptures sont peu profondes (10-12 km) l'impact en surface est néanmoins important, car l'énergie se concentre dans un territoire limité juste au dessus de la zone de rupture. Cette étendue couvre 50 à 80 km dans les deux événements récents (2010 et 2021). Les dégâts importants et le très lourd bilan de victimes résulte en bonne partie du manque flagrant des normes parasismiques dans les constructions. Ce sont les constructions qui tuent, pas le séisme lui-même. Il est très important de revoir en Haiti le type de construction; il est possible d'adapter à peu de frais des normes parasismiques éprouvées.

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